Les origines de l’Economie Sociale et Solidaire sont à rechercher au Moyen Age : les guildes, confréries et jurandes, corporations et compagnonnages constituent en effet les prémices de ce secteur. Les premières structures de l’Economie Sociale et Solidaire sont apparues au début du XIXème siècle en réaction aux effets néfastes de la Révolution Industrielle. SAINT SIMON (1760-1825) et Charles FOURIER (1722-1837), les premiers inspirateurs de l’Economie Sociale et Solidaire, évoquent un système ayant pour objectif de procurer à tous, et en particulier, à la classe productrice des conditions d’existence et de travail supportables qu’ils nomment « le bonheur social ».
Les principes fondateurs de l’Economie Sociale et Solidaire vont être progressivement reconnus au XIXème siècle et surtout au XXème siècle :

décret de 1852 sur les sociétés de secours mutuel, et première charte de la mutualité suivi de la loi de 1898 abrogée par l’ordonnance du 19 octobre 1945 dotant la Mutualité d’un ensemble de règles devenant le Code de la Mutualité en 1955 modifié en 1985 et en 2001,

loi du 1er juillet 1901 sur les associations,

loi de 1867 et loi de 1947 modifiée en 1992 sur les coopératives.
En fait, il faut attendre les années 1970 pour que l’Economie Sociale et Solidaire rencontre une véritable reconnaissance et soit considérée comme un secteur économique à part entière :

le Comité de Liaison des activités Mutualistes et Coopératives et Associatives (CNLAMCA), créé en 1970, élabore en 1980 une Charte de l’Economie Sociale à laquelle la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire de Bourgogne adhère. En 2001, il change de dénomination et devient le CEGES (Conseil des Entreprises et groupements de l’Economie Sociale),

depuis 1981, il existe une Délégation Interministérielle à l’Innovation Sociale et à l’Economie Sociale.
L’Economie Sociale et Solidaire, c’est l’alliance :
des associations produisant des biens et services, en particulier de proximité aux personnes répondant à de multiples besoins : santé, social, éduction, culture, sports, loisirs...
des coopératives présentes dans de nombreux secteurs d’activités : agriculture, industrie, BTP, commerce, transport, banques, assurances, autres services...
des mutuelles qui mènent notamment au moyen de cotisations versées par leurs membres et dans l’intérêt de ces derniers et de leurs ayants droit une action de prévoyance, de solidarité et d’entraide afin de contribuer au développement culturel, moral, intellectuel et physique de leurs membres et à l’amélioration de leurs conditions de vie. Ainsi, les mutuelles agissent dans le cadre de la prévention des risques de dommages corporels liés à des accidents ou à la maladie ainsi que la protection de l’enfance, de la famille, des personnes âgées, dépendantes ou handicapées,
des structures d’insertion par l’activité économique, dont le but est de permettre l’employabilité et le retour à l’emploi des personnes exclues. L’Economie Sociale et Solidaire est représentée en tant qu’employeur aux Conseils des Prud’hommes et dans les Conseils Economiques et Sociaux tant nationaux que régionaux.
Pour atteindre ses objectifs, l’Economie Sociale et Solidaire s’appuie sur des valeurs : 
la liberté d’adhésion,

le partage démocratique du pouvoir : une personne, une voix,

la solidarité entre tous les membres,

la primauté du métier et du service rendu sur le profit en tant que tel,

la volonté d’épanouissement moral et intellectuel de la personne, la propriété commune et le partage équitable de la valeur ajoutée.